Les retraités maltraités par le gouvernement Macron - Philippe

http://www.centre-presse.fr/article-575390-des-retraites-a-vif.html


Des retraités à vif

Les retraités n'aiment pas être traités de privilégiés. William Fortier, de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), y regarde de plus près.

« Aux plus aisés des retraités, je demanderai cet effort pour avoir un système plus intelligent pour leurs enfants et leurs petits-enfants. » Ainsi parle le chef de l'État à propos du sort réservé à une partie des retraités - hausse de la CSG - dans le grand chambardement fiscal.

Donc, il y aurait une catégorie d'individus particulière, en grande partie « aisée », qui serait, semble-t-il, suffisamment homogène, voire suffisamment privilégiée, pour mériter un traitement particulier. Qu'en est-il de cette catégorie « retraités » au-delà du fait évident qui est d'avoir eu le droit de cesser de travailler et de jouir d'une pension? Ils sont aujourd'hui 16,7 millions. Leur pension moyenne est de 1.376 euros nets mensuels. Si on ajoute, comme l'Insee, les autres revenus, placements ou loyers par exemple, leur niveau de vie moyen s'élève alors à 2.049 euros nets, à comparer au salaire moyen équivalent temps plein qui est de 2.265 €. Comme il s'agit de moyennes, il faut relativiser et entrer dans les détails.

Il y a d'abord les retraités pauvres: 7,4% le sont selon l'Insee (moins de 60% du revenu médian), soit environ 1 million, disposant d'environ 1.000 € par mois en moyenne. De ce point de vue, et le chef de l'État a raison, les retraités ne sont pas les plus pauvres puisque le taux est de 14% pour la population totale (37% pour les chômeurs et 30% pour les étudiants). Seule la population active occupée a un taux analogue soit 7,6%. On remarquera toutefois que, terminer et commencer pauvre sa vie active, ce n'est pas tout à fait comparable, car c'est définitif pour les uns, pas forcément pour les autres. Certes les retraités sont, en revanche, une catégorie « propriétaire » et patrimoniale: ainsi, en comparaison des autres catégories, avec 18% environ de leur revenu en revenus du patrimoine, ils sont placés juste derrière les indépendants (22%), mais devant tous les autres, cadres compris (9%). Ce qui se répercute sur les impôts payés: derrière les cadres supérieurs et les indépendants, les retraités paient plus d'impôts en moyenne que les employés et les ouvriers. Mais encore une fois, il s'agit de moyennes.

En tout cas, on est loin du vieux poncif publicitaire de retraités hédonistes, voyageurs et consommateurs invétérés. On ajoutera que la hausse de la CSG n'appauvrira certes pas les plus modestes des retraités, mais en appauvrira une bonne moitié qui, contrairement aux propos du chef de l'État, ne sont pas plus nantis que d'autres.

William Fortier de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire)